REVEL-TOURDAN. Isère Village médiéval

logo du site
  • REVEL-TOURDAN. Isère
  • REVEL-TOURDAN. Isère
  • REVEL-TOURDAN. Isère
  • REVEL-TOURDAN. Isère
  • REVEL-TOURDAN. Isère
  • REVEL-TOURDAN. Isère
  • REVEL-TOURDAN. Isère
  • REVEL-TOURDAN. Isère
  • REVEL-TOURDAN. Isère
  • REVEL-TOURDAN. Isère
  • REVEL-TOURDAN. Isère
  • REVEL-TOURDAN. Isère
  • REVEL-TOURDAN. Isère

Accueil du site > Patrimoine > De Tourdan à Revel, 2000 ans d’histoire

De Tourdan à Revel, 2000 ans d’histoire

Les premières traces de la présence humaine sur le territoire de la commune, ont été trouvées à Tourdan et attesteraient la présence d’un habitat au IIe siècle av. J.-C.. Environ 2000 ans plus tard, durant la période révolutionnaire, les 2 paroisses de Tourdan et de Revel, liées déjà par de nombreux siècles d’histoire commune, sont réunies pour former la commune de Revel-Tourdan. Mais quels sont les faits qui au cours des âges ont tissé ces liens qui se sont maintenus jusqu’à nos jours ? Afin de bien comprendre les relations entre nos 2 villages depuis les temps les plus reculés, il est utile de se replonger dans l’histoire de l’antique Turedonum "la forteresse de Turos" qui nous portera des origines aux alentours de l’an 1000, pour ensuite retracer celle du Revel médiéval, avec son château dominant le territoire environnant.

I) TOURDAN DES ORIGINES A L’AN 1000

Le village actuel de Tourdan se situe sur un site occupé sans interruption depuis les temps préhistoriques jusqu’à nos jours. Depuis les premières traces laissées par les hommes lors de leurs passages dans la région et surtout à partir du IIe siècle avant J.-C., lorsqu’ils décident de se sédentariser dans la plaine, et jusque vers l’an 1000, le village de Tourdan joua un rôle majeur dans l’histoire de la Bièvre-Valloire, en tant que centre administratif, religieux ou encore commercial.

A) LE TOURDAN PROTOHISTORIQUE : avant le Ie siècle av. J.-C.

Avant l’histoire proprement dite, se situe une période durant laquelle les sources écrites des auteurs antiques nous renseignent sur les peuples qui vivaient en Gaule avant l’arrivée des Romains, c’est la protohistoire. Dans notre région vivaient les Allobroges, peuple s’étant établi ici vers 500 av. J.-C.. Ce peuple a laissé quelques traces sur le site de Tourdan, ce qui permet d’attester de l’existence d’un habitat dans la plaine au IIe siècle avant J.-C.. Tourdan se situait alors sur une voie de passage reliant la capitale des Allobroges qu’était Vienne à Die puis Marseille. Dès cette époque devait se trouver dans la plaine une petite agglomération. Peu de vestiges nous sont parvenus de cette période, il nous faut cependant citer le trésor de Tourdan découvert en 1890 qui contenait plusieurs centaines de monnaies des différents peuples du sud-est de la France et même quelques monnaies grecques. C’est ce village qui avec l’arrivée des romains, va connaître un important développement pour donner naissance à la ville de Turedonum.

B) L’ANTIQUE "TUREDONUM" : Ie av. J.-C.-IIIe ap. J.-C.

Le vase des 4 saisons

 

Les Romains ont conquis notre région vers 120 avant J.-C.. Leur implantation fut lente au début, mais très vite les anciens Allobroges prirent les us et coutumes de l’envahisseur. Le village de Tourdan se développe alors et devient un centre important. Des traces d’habitats ont été découvertes sur une surface très importante environ 30 ha et remontent pour la plupart au Ier siècle ap. J.-C.. Tourdan est alors un centre administratif, religieux et commercial qui étend son influence sur les nombreuses villas de la plaine de Bièvre-Valloire. C’est également encore à cette époque, un lieu de passage puisque l’agglomération est située sur la voie menant de Vienne à Milan puis Rome. Pour la première fois le nom de Tourdan apparaît dans les textes, Turedonum est inscrit sur la carte de Peutinger, copie du XIIe siècle d’une carte des voies romaines du IIIe siècle ap. J.-C. entre Vienne et Moirans. Tourdan est alors une station où les voyageurs peuvent changer leurs chevaux voire se restaurer et dormir. Des vestiges importants ont été révélés (monnaies, poteries, ...), un aqueduc amenant l’eau de la colline de Revel ainsi qu’un bassin, des oreilles votives, témoin rarissime des croyances de l’époque et peut-être même un temple découvert en 1855. Mais ce qui demeure l’emblème de cette période, c’est le "Vase des 4 Saisons" découvert en 1844 et qui se trouve actuellement au British Museum.

C) LES SIECLES OBSCURS : du IVe au IXe siècles

A partir du IVe siècle, Tourdan entre dans les temps obscurs du haut Moyen-Age. Aucun texte ne vient nous révéler ce qui s’est passé dans la région durant cette période. Sans doute les barbares et plus particulièrement les Burgondes traversèrent la Bièvre-Valloire et s’y installèrent. La peste sévit également beaucoup entre le Ve et le VIIe siècle, décimant régulièrement la population. A partir du IVe siècle, le christianisme se répand et gagne les campagnes depuis les villes comme Vienne. Saint Martin passa sans doute à Tourdan pour évangéliser la région, de son passage provient certainement le lieu-dit "Champ Martin" situé à Tourdan où l’on a découvert lors des fouilles des sépultures mérovingiennes. Une autre preuve du développement du christianisme est apportée par les 3 inscriptions paléochrétiennes découvertes à Tourdan, dont 2 sont encastrées dans le mur sud de l’église. Ces 3 épitaphes datent du VIe siècle et permettent d’affirmer la présence de la religion chrétienne en Bièvre-Valloire dès cette époque.

D) L’EPHEMERE RENOUVEAU : le Xe siècle

A partir du Xe siècle, une période d’essor se fait sentir. Nous assistons durant ce siècle aux dernières invasions sarrasines et hongroises et à un renouveau religieux. Après plusieurs siècles de silence, les textes parlent à nouveau de Tourdan. Entre 910 et 927, Eve donne à la grande abbaye de Cluny, nouvellement fondée, un manse situé à Tourdan et un autre à Moissieu. A cette époque Tourdan est peut-être le centre administratif d’une circonscription que l’on nomme ager, car aucun ne se trouve à proximité, les plus proches étant les agri de Poussieu et de Thodure.

Eglise priorale de Tourdan

Sur le plan politique, les invasions ont entraîné dans la région, un émiettement du pouvoir central, d’abord aux mains des comtes de Vienne, le pouvoir est passé entre celles des vicomtes pour enfin être divisé entre les multiples seigneurs locaux qui s’affirment à l’époque. Ainsi l’un d’entre eux profita de cette situation pour construire sa propre fortification au Châtelard à Tourdan et user de son pouvoir pour soumettre les paysans vivant aux alentours. Sur le plan religieux le renouveau est marqué par la création de l’abbaye de Cluny qui attire à elle de nombreuses donations comme celle citée ci-dessus. Ce renouveau est également marqué par la multiplication dans les campagnes de petits monastères que l’on nomme prieurés. Le prieuré de Tourdan que l’on peut encore observer de nos jours avec ses bâtiments du XVIIe siècle, ainsi que l’église Notre-Dame apparaissent à cette époque et sont mentionnés pour la première fois en 969. Tourdan est donc encore aux alentours de l’an 1000, un centre important puisque se situent sur le territoire de la paroisse une motte-castrale et un prieuré bénédictin dépendant de l’abbaye de Saint Pierre de Vienne. Mais bientôt sur la colline, un important château va apparaître et attirer sous ses remparts les habitants des environs.

II) LE CHATEAU DE REVEL : LE NOUVEAU CENTRE DU POUVOIR. Du XIe siècle à 1789

Après plus de 1000 ans de prospérité comme centre du pouvoir, l’ancienne ville de Turedonum, qui n’est sans doute plus qu’un modeste village autour de l’an 1000, entre sous l’influence du nouveau point fort de l’époque : Revel perché sur la colline toute proche.

A) LES PREMIERS SIECLES DE LA DOMINATION REVELLOISE : du XIe au XIIIe siècle

Dans les mêmes circonstances qui ont amené un petit seigneur local à ériger sa motte-castrale du Châtelard, un autre point fortifié apparaît au XIe siècle sur la colline de Revel. Nous ne pouvons pas affirmer dans l’état actuel des recherches si ces deux fortifications ont coexisté ou si elles se sont succédé dans le temps, en tout cas leur proximité géographique les place dans un contexte similaire. Un château avec sa chapelle est mentionné pour la première fois à Revel vers 1080. Il est alors entre les mains d’une certaine Aldegarde et de son fils Burnon. Ce château se développe et attire rapidement autour de ses fortifications la population des alentours, tout comme ceux de Moras, Bellegarde ou encore Bressieux qui apparaissent à la même époque. Un bourg est mentionné à Revel pour la première fois en 1165. C’est dans celui-ci que fut construite l’église Saint Jean-Baptiste de Revel à laquelle fut attribué un territoire ôté à la paroisse plus ancienne de Tourdan. La famille seigneuriale possédant alors le château prend le nom de Revel. Mais en 1186, elle semble s’éteindre et ce dernier passe alors entre les mains de la famille de la Tour-du-Pin. En 1282, lorsque Humbert de La Tour devient comte d’Albon, la terre de Revel entre dans le domaine delphinal et devient alors une place forte face à la Savoie.

B) REVEL : UNE PLACE FORTE FACE A LA SAVOIE, 1282-1355

Depuis le XIe siècle les possessions des comtes de Savoie et des comtes d’Albon sont entremêlées dans notre région. Les Savoyards possèdent les châteaux de Villeneuve-de-Marc, Faramans, Ornacieux, La Côte-St-André et les comtes d’Albon que l’on nomme également Dauphins de Viennois possèdent ceux de Moras, Albon, St Geoirs... Entre ces deux puissances, de grandes familles seigneuriales comme les Roussillon, les Bressieux ou encore les Beauvoir jouent le rôle de balance s’alliant au gré des circonstances à l’une ou l’autre de ces deux principautés. Pour faire face à la guerre, le bourg de Revel est entièrement encerclé de remparts vers 1330. Le château de Revel étend alors sa domination sur les paroisses de Revel et Tourdan, mais aussi sur celles de Pisieu, Primarette, Saint Julien-de-l’Herms et Monsteroux. Au XIIIe siècle, le mandement de Revel comprend même les territoires de Beaurepaire et de Pommier, mais ces derniers lui furent ôtés lorsque furent créées la ville de Beaurepaire en 1309 et la châtellenie de Pommier vers la même époque. La guerre fut la cause d’une grande instabilité dans la région, mais heureusement la paix est enfin signée en 1355.

C) LE TEMPS DES MALHEURS : XIVe et XVe siècles

Les malheurs n’en sont pas pour autant terminés pour la châtellenie de Revel. Des effets de la guerre de 100 Ans se font parfois sentir comme la bataille d’Anthon en 1430. Mais surtout depuis 1348, sévit la Peste Noire qui décima une grande partie de la population. En 1349, 327 familles vivaient dans le mandement de Revel mais en 1474 il n’en reste plus que 158, environ 50% de la population a disparu en 130 ans. Les XIVe et XVe siècles furent donc éprouvants pour la population de la région qui dut faire face à la guerre et à la peste ce qui engendra la misère, la fuite des paysans, la multiplication des friches, en un mot la ruine du pays. Entre temps, en 1453, le Dauphin Louis II, futur Roi de France sous le nom de Louis XI, homme plein d’ambition, décida d’échanger la seigneurie de Revel ainsi que celle d’Azieu-en-Velin contre la juridiction sur la ville de Vienne que détenait l’archevêque de cette ville.

D) REVEL, SEIGNEURIE DES ARCHEVEQUES DE VIENNE, 1453-1789

En entrant dans le temporel des archevêques de Vienne, la terre de Revel va devenir non plus une source de revenus, mais un objet de tractations financières. Les archevêques oppressent la population par les impôts comme semblent le montrer les nombreux procès intentés par la communauté d’habitants. Le château tombe peu à peu en ruine par manque d’entretien car il n’a plus aucun intérêt défensif. C’est alors qu’en 1565, les archevêques, se trouvant en difficulté financière, décident de vendre leur seigneurie de Revel à Jean-François de Saussac le propriétaire de la Maison-forte de Barbarin. Mais Revel semble alors avoir perdu tout son prestige. En 1566, Jean-François de Saussac décide de démembrer du mandement de Revel la paroisse de Monsteroux qu’il vend à Messire Jean de Chastellier, seigneur de Milieu. En 1588, son héritier Richard-Melchior de Saussac subroge la terre de Revel et de Barbarin à Octavien Emé de St Julien. La châtellenie sera rapidement l’objet de nouvelles transactions : vers 1610 elles est rachetée par les archevêques de Vienne qui en 1735 la vendent à Gabriel-Joachim Dupuy de Murinais lequel possède déjà la maison-forte de Revel (l’actuel foyer rural). C’est l’héritier de cette famille, Claude-Laurent de Murat-Murinais qui sera le dernier seigneur de Revel. Il émigre en 1789. Nos deux villages sont alors unis en 1793 à la paroisse de Pisieu, pour former la commune de Revel-Tourdan-Pisieu. Mais en 1800, celle-ci est à son tour érigée en commune et ainsi naquit la commune de Revel-Tourdan.

Environ 2000 ans se sont donc écoulés depuis l’établissement d’un habitat à Tourdan jusqu’à la création de la commune actuelle. De nombreux événements se sont déroulés, de nombreux hommes ont vécu sur ces terres en laissant leurs traces pour qu’aujourd’hui nous puissions apprécier ces deux charmants villages au riche passé. Respectons ces hommes ainsi que leur mémoire et contribuons à notre tour, à écrire l’histoire de ces lieux.



Dans la même rubrique

Site réalisé en SPIP pour l'AMRF